vendredi 10 août 2007 à 20:19
Nouvelle crise au sein des négociateurs
Doit-on parler de crise ou de tempête dans un verre d'eau? De nouvelles crispations sont nées au sein des négociateurs qui travaillent à la formation du gouvernement. Joëlle Milquet n'a pas pu se rendre à une convocation du formateur ce jeudi matin.
Une course poursuite ridicule dans les rue de Bruxelles. Un vrai jeu de piste. Voilà ce que l'on retiendra de la journée de mercredi. Sur la forme, ces bilatérales secrètes révèlent une nouvelle fois le malaise d'Yves Leterme face aux médias. Il se montre décidément incapable de communiquer correctement.
Sur le fond, sa stratégie n'est pas plus évidente à trouver. Yves Leterme a surtout parlé méthode. Et Yves Leterme propose de changer de méthode, de travailler autrement sur les dossiers communautaires. En clair il veut travailler thème par thème. Ce qu'il propose aux Francophones, c'est le compte goute institutionnel.
Il propose des réformes pas à pas. A majorité simple d'abord, puis à majorité des 2/3. Des réformes sur l'emploi, la famille, la mobilité, le socio-économique ou la justice… C'est l'entonnoir de la responsabilisation financière des entités fédérées au transfert de compétences pur et simple.
Quant à Bruxelles-Hal-Vilvorde, il a été traité à part. Yves Leterme n'en aurait presque pas parlé au Francophones. Pourtant la deuxième version de sa note prévoit bien une solution pour la rentrée parlementaire en octobre. Aucune initiative, aucune proposition de compromis. Une attitude critiquée par Didier Reynders au MR qui demande que le formateur fasse enfin des propositions concrètes.
Avec cette guerre de position qui n'en fini pas, le retour des socialistes dans une tripartite est sur de plus en plus de lèvres. Mais «avec des si on met Paris dans une bouteille» répond Yves Leterme, qui n'a pourtant pas balayé l'idée d'un revers de la main…
Le formateur Yves Leterme a pris ombrage du fait que la présidente du cdH Joëlle Milquet ne pouvait pas répondre à sa convocation de dernière minute pour une réunion bilatérale avec les présidents francophones ce jeudi matin. Joëlle Milquet est en effet partie mercredi soir pour le Midi de la France voir un de ces enfants malade et elle revient ce jeudi midi.
Le formateur qui n'a pas été averti du départ de la présidente du cdH enrage. Et les commentaires vont bon train. Hors micro, Joëlle Milquet est accusée de freiner les négociations pour faciliter à terme le retour du PS dans le Jeux. Car en cas d'Echec, c'est une tripartite traditionnelle qui pourrait voir le jour.
D'autres négociateurs en veulent à Yves Leterme: lunatique, incapable de gérer son agenda, incapable de donner une ligne de conduite aux travaux, incapable jusqu'ici de proposer des solutions de compromis. Bref c’est la méfiance comme au premier jour de la négociation. Et Yves Leterme doit donner des bonne nouvelles au Roi le 17 Août...
Didier reynders veut une vraie négociation
A Val Duchesse, les journées se suivent et se ressemblent. A chaque jour sa polémique. Jeudi, Yves Leterme s'en est pris à Joëlle Milquet partie voir ses enfants en France. Didier Reynders demande que les négociations commencent…
Ce vendredi, le Formateur et les présidents des partis de la probable future Orange-bleue vont poursuivre les discussions budgétaires. Pendant le week-end, Yves Leterme aura des contacts bilatéraux sur les aspects communautaires de sa note. Et pour après? En tout cas Didier Reynders demande que les négociations commencent vraiment lundi prochain.
«Je vous avoue que ce qu'il faudrait c'est que début de la semaine prochaine on ait une note du Formateur à partir de laquelle les quatre partis sont prêts à réellement négocier. Maintenant, qu'il y ait des incidents au cours d'une négociation, c'est normal. Mais il faut que l'on sache si, début de la semaine prochaine, quatre partis politiques sont réellement prêts à entrer dans une vraie négociation.»
Mais ce n’est pas pour autant que, selon Didier Reynders, les négociateurs ont perdu leur temps jusqu’ici. «Je vous rassure, moi, je ne perds jamais mon temps, j'essaie de faire des tas de choses. J’ai des affaires courantes à gérer, j'ai une vie de famille à gérer aussi. J'en profite chaque fois que c'est possible. Mais je suis évidemment disponible pour toutes les négociations. Vous savez, quand on veut former un Gouvernement, il faut être prêt à négocier chaque fois que les partenaires le souhaitent.»
Et à propos de ce que certains disent tout bas, à savoir que Joëlle Milquet attend le retour du PS, Didier Reynders n’a pas d’avis. «Ce que je souhaite, c'est négocier un Gouvernement dans de bonnes conditions. Et donc si tout le monde veut participer à des négociations, je pense que, peut-être à partir de lundi ou mardi, on pourra le faire de manière très crédible.»