lundi 29 janvier 2007 à 18:28
Chômage: les radiations de demandeurs d'emploi en hausse de 39% sur deux ans, selon un collectif
PARIS -- A la veille de la publication officielle des chiffres du chômage pour le mois de décembre dernier, un collectif d'associations et de syndicats dénonce une "envolée spectaculaire" du nombre des demandeurs d'emploi radiés des listes de l'ANPE, "en hausse de 39% entre 2004 et 2006".
Le collectif s'appuie sur différentes enquêtes statistiques de l'ANPE (Agence nationale pour l'emploi). Le gouvernement doit publier le taux de chômage du mois de décembre 2006, et la tendance sur l'année 2006, mardi à 20h selon le ministère de l'Emploi et de la Cohésion sociale.
En 2006, chaque mois, plus de 9.000 chômeurs déclarent avoir été radiés des listes de l'ANPE, contre 6.700 en 2004, soit une hausse de 39%", a affirmé le collectif lors d'une conférence de presse à Paris lundi matin, consacré aux "taux de sorties des listes de l'ANPE".
Ce collectif, intitulé les Autres chiffres du chômage (ACDC) et qui regroupe notamment les associations de chômeurs et plusieurs syndicats de l'ANPE, a précisé par ailleurs que le nombre de chômeurs sortis volontairement des listes de l'ANPE avait connu une hausse de 31% sur la même période.
"Il s'agit des chômeurs qui sont arrivés au terme de leurs droits à l'indemnisation par l'UNEDIC et ne voient pas dans ce cas l'intérêt de rester inscrits à l'ANPE", explique le collectif.
ACDC affirme également que, toujours sur cette période, on compte une hausse de 30% des sorties "accidentelles" des listes des demandeurs d'emploi, dans laquelle le collectif fait figurer les chômeurs "qui laissent tomber, lassés des contrôles permanents et des tracasseries administratives, en l'absence d'offres d'emploi valables".
"Depuis 2005, on assiste à une envolée spectaculaire du taux de sorties des listes de l'ANPE. L'analyse des motifs de sortie montre que cette hausse ne correspond guère à des reprises d'emploi supplémentaires", accuse donc le collectif, qui parle de "pseudo-baisse du chômage", résultant "non pas du retour à l'emploi des chômeurs, mais des pressions de plus en plus fortes qui aboutissent à les exclure des listes de l'ANPE".
Le 27 décembre dernier, le collectif ACDC avait contesté la réalité des chiffres du chômage présentés par le gouvernement.
Le collectif avait souligné que le taux de chômage repris chaque mois par les pouvoirs publics n'est calculé que sur la base d'une partie seulement des demandeurs d'emploi inscrits à l'ANPE, c'est-à-dire la catégorie-1 (personnes sans emploi ou ayant effectué moins de 78 heures dans le mois, immédiatement disponibles et à la recherche d'un emploi à durée indéterminée à temps plein), alors que huit catégories différentes d'inscrits à l'ANPE existent.
ACDC estime qu'actuellement, le calcul du taux de chômage exclut les personnes en recherche d'un emploi saisonnier, à temps partiel, en CDD, les chômeurs en arrêt maladie ou en cours de formation, ceux qui exercent une "activité réduite" de plus de 78 heures par semaine mais cherchent une activité plus stable et restent donc dans les fichiers, les chômeurs des départements d'outre mer (DOM) ou encore les chômeurs dispensés de recherche d'emploi (chômeurs âgés de plus de 57 ans par exemple).
Et la polémique a pris de l'ampleur mercredi, après la publication d'un article du "Canard Enchainé" affirmant que le gouvernement a bloqué, jusqu'au lendemain de l'élection présidentielle de 2007, la publication de chiffres annuels de l'INSEE montrant, selon le journal satirique, que le chômage n'a pas reculé de 10% entre novembre 2005 et novembre 2006 comme l'affirme le gouvernement.
L'INSEE avait expliqué que ce report était dû à des "problèmes statistiques".
AP