Friday 25 November 2005 à 20:02
Quelque 200 élus, en majorité UMP, réclament des poursuites contre sept groupes de rap
l'initiative du député (UMP) de Moselle François Grosdidier, 152 députés et 49 sénateurs ont interpellé le Garde des sceaux sur la chanson "FranSSe" de Monsieur R. et de six autres chanteurs ou groupes de rap pour incitation à la haine et à la violence.
Sont également visés: Smala, Lunatic, le 113, Fabe, Salif et Ministère Amer
"Dans les facteurs qui ont conduit aux violences dans les banlieues , cela en fait partie", estime-t-il: "Ce phénomène musical là n'est pas du tout étranger à ces violences".
Un avis partagé par Daniel Mach, qui avait porté plainte avant les émeutes: "De tels propos ne pouvaient qu'amener ce style de révolte", a-t-il déclaré.
Parmi les paroles mises en cause par les députés, figurent notamment:
"La France est une garce, n'oublie pas de la baiser jusqu'à l'épuiser, comme une s... il faut la traiter, mec!" (Monsieur R.)
"J'aimerais voir brûler Panam au napalm comme au Vietnam (...) j'ai envie de dégainer sur des faces de craies" (Ministère Amer).
Réactions:
Vendredi matin, le Premier ministre Dominique de Villepin a incité les parlementaires à éviter toute forme d'amalgame. "Est-ce que le rap est responsable de la crise des banlieues? Je réponds non".
"Nous les rappeurs décrivons les maux, les blocages dans les rouages de cette société où les élus ne cessent de faire miroiter justice, fraternité, liberté, équité", a dit pour sa part Passi, membre de Ministère Amer avec Stomy Bugsy et Doc Gyneco
"L'UMP veut les voix de Jean-Marie Le Pen, au lieu de parler d'amour, d'éducation, de réinsertion, d'ouverture", accuse-t-il.
"Une fois de plus on recherche des boucs émissaires parce que la banlieue a brûlé", a réagi Monsieur R., en estimant que son public n'est pas formé d'"indigènes" qui prennent les choses "au premier degré", tout en se disant prêt à des explications devant un tribunal.
"Après les émeutes, il y a autre chose à faire que de s'en prendre aux rappers", assure le chanteur.
Même son de cloche du côté de SOS Racisme où on dénonce une tentative pour «détourner le débat [sur les violences dans les cités] de ses réels enjeux» et où l’on demande aux responsables politiques de «se remettre en cause», plutôt que «chercher des boucs émissaires à une situation issue pour l’essentiel de leur incompétence -ou de leur absence de volonté- à solutionner les difficultés des quartiers-ghettos».
Le choix de ces sept groupes et artistes étonne en outre le spécialiste du hip-hop Olivier Cachin, écrivain et journaliste.
"Lunatic a été dissous en 2002, tandis que pour Ministère Amer, le dernier album remonte à 1995, Fabe a arrêté de faire du rap il y a sept ans", dit-il: "On a l'impression qu'ils en ont sorti quelques uns au hasard", rappelant aussi que 113 a pour sa part décroché deux Victoires de la musique.
Mais du point de vue des parlementaires, cela ne change rien au problème puisque les morceaux en question sont toujours accessibles.
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sources: rfi.fr, lefigaro.fr, fr.news.yahoo.com, musique.france2.fr, tou-o.com
Ce message a été modifié par Pedro1495 - Friday 25 November 2005 à 20:17.