Vaste sujet....
Pour moi c'est une combinaison de facteurs, politiques et militaires, qui amenèrent cette défaite.
Avant-guerre Politiquement, refus de la guerre, quel qu'en soit le coût, et même si les Français s'aveuglent tous seuls en pensant que la-dite guerre est évitable : voir le retour de Munich, et Daladier qui pense qu'il va être lynché alors qu'il est acclamé par une foule en liesse...
Politiquement également, le fait de lâcher la Tchécoslovaquie retourne quasimment toutes les Alliances Balkaniques de la France, qui possédait alors une influence prépondérante sur la majorité des pays Balkaniques ( Hongrie fasciste de Horthy exceptée)
Toujours politiquement, refus de chercher réellement l'alliance Soviétique, seule alliance qui aurait pu faire reculer l'Allemagne ( qui n'a jamais aimé la guerre sur 2 fronts...)
Politiquement encore, la faiblesse généralisée des réactions françaises depuis 1933, que ce soit à l'assassinat d'un chancelier autrichien, au rétablissement de la conscription, à la remilitarisation de la Ruhr, à l'Anschluss, etc..., France qui refuse de réagir en général parce que les Anglais refusent ( les Français ne voulaitent pas supporter seuls une guerre, les Anglais ne voyaient au départ pas d'un mauvais oeil le rétablissement d'une grande puissance en Allemagne...)
Militairement, la situation est catastrophique au vu des choix d'avant-guerre : vision erronée de la manière de faire la guerre moderne ( aucun enseignement tiré de la guerre d'Espagne ), croyance que la ligne Maginot va suffire alors qu'elle est incomplète ( et en plus elle engouffre des capitaux énormes....), vision rétrograde sur l'utilisation des chars : en mode "dispersés au milieu de l'infanterie" plutôt que "concentrés en meute"; en clair les généraux français pensent toujours que " l'infanterie est la reine des batailles" et que c'est elle qui réalise et exploite les percées, les chars ne faisant que l'accompagner et la soutenir ( en gros, de l'artillerie mobile). Et ce malgré la clairvoyance de certains généraux qui sont traités comme des fous ( De Gaulle par exemple préconisait un regroupement des chars en divisions et leur emploi en masse, à l'instar de Guderian)
Enfin, toujours militairement, retard technologique généralisé, dû vraisemblablement aux sommes consacrées à la ligne Maginot : les Français se battent avec du matériel datant souvent de la Première Guerre Mondiale ( mitrailleuses, fusils, etc...), les Allemands expérimentent déjà les SturmGewehr, utilisent des mitrailleuses MG 34 bien supérieures aux pauvres Maxim françaises, les Allemands ont déjà des unités de Parachutistes opérationnelles sous les ordres de Student ( paras qui prendront Eben Emael, le fort le plus récent et le mieux défendu d'Europe), les français savent à peine que cela existe...
Enfin, tout bêtement l'expérience du combat fait la différence : la Luftwaffe s'est battue en Espagne, et en 1940 en Pologne; la Wehrmacht s'est battue en Pologne. La dernière référence militaire des Français, hors Première Guerre Mondiale, est la guerre du Rif....
Après la déclaration de guerre Politiquement, les buts de la guerre sont mal définis, la vision stratégique des politiques est mauvaise, très frileuse : le président du Conseil français laisse l'Etat-Major décider de la stratégie globale, rôle qui devrait lui incomber, et l'Etat-Major fait n'importe quoi : il ne peut secourir la Pologne directement en débarquant des troupes ( cette possibilité a été malgré tout étudiée !), mais au lieu d'attaquer à l'ouest où les Allemands n'ont maintenu qu'un rideau de troupes, rien n'est fait. Puis, l'Etat-Major français décide que ce sont les Soviétiques qu'il faut abattre car alliés du Reich et ayant attaqué la Finlande! Des attaques aériennes sont envisagées sur Bakou en partant du Levant, ainsi que des débarquements en Norvège ou en Suède de troupes devant traverser la Scandinavie pour aller affronter les Soviétiques

. En Bref, on préfèrait privilégier des théatres d'opérations secondaires en sachant très bien que le Reich, lui, privilégierait UN théatre d'opérations, avec UN objectif ( péter la tête aux Français...).
Arrive mai/juin 40, le plan Manstein marche comme sur des roulettes, la France est vaincue : une partie des troupes est encerclée avec le corps expéditionnaire anglais à Dunkerque, Weygand qui remplace Gamelin établit une ligne de défense sur la Somme. Il sait que la France est vaincue, comme le savent beaucoup de généraux, mais ceux-ci cachent la situation au gouvernement ( situation critique mais pas désespérée, qu'ils disaient

). Et là, au lieu d'accepter les suggestions de certains généraux ou hommes politiques, par exemple créer un réduit Breton ( Yorgat

), continuer la lutte pied à pied, si besoin est en installant le gouvernement en Afrique du Nord, et alors que les soldats français se battent mieux ( ils apprennent sur le tas, et l'expérience du feu commnce à se faire sentir ), il déclare qu'il ne pourra pas tenir, que ses hommes sont fourbus et craquent et que la résistance est vaine, ce qui amène les conséquences que l'on sait, à savoir l'appel de Pétain à la présidence du conseil et l'armistice....
Pour moi, l'armistice de 40 est indéniablement du à un échec politique évident d'avant-guerre, à une stratégie fantaisiste au début de la guerre, à un échec militaire évident ( sans rabaisser toutefois le niveau militaire des généraux allemands, à mon avis les meilleurs du monde durant cette guerre...), et je pense presque aussi à une volonté politico-militaire, notamment de la part de Weygand ou de certains cercles, qui ont vu une bataille perdue et ont décidé que TOUTE la guerre l'était, et que dans ce cas mieux valait qu'un "réformateur" ( dans leur idée, moi je parlerais plutôt d'un conservateur rétrograde) vienne rendre sa grandeur à la France en prenant si besoin est exemple sur les vainqueurs....