http://kilou.com/~Elodie/SA3.jpgvariation libre sur le thème de la Suisse pour la belle Elodie qui improvise une corrida avec ses potes du groupe Premix, à savoir (de g. à dr.) Edouard, son petit chéri, Romain et Pierre.
Photos: Jean-Luc Barmaverain
Texte : Blaise Calame
La caravane de la Star Academy III était de passage à Neuchâtel le week-end dernier, pour offrir deux shows parfaitement rodés à plus de 10 000 fans en délire. Avant son retour ce dimanche à Genève, L’illustré a pu rencontrer Elodie Frégé, la gagnante, en toute intimité. Une jeune étoile qui ne manque pas d’éclat.
Samedi 17 heures, patinoire du Littoral, à Neuchâtel. Accrochés au grillage qui les séparent de l’entrée des artistes, guettant l’arrivée de leurs idoles, des dizaines de mômes, parfois épaulés par leur mère, hurlent les prénoms de leurs idoles en espérant de leur part un sourire, un autographe, une photo. Certains attendent depuis 10 heures du matin! Patxi le Tintin de poche, Lukas le rebelle et Romain s’efforcent de satisfaire la demande. Les autres, les filles en particulier, se sont engouffrés dans la patinoire à peine sortis du bus, ignorant leurs fans. «Elles sont déjà fières…» constate un agent de la sécu qui vient de les voir passer en coup de vent. De l’autre côté de la route, une horde gueularde de supporters saint-gallois, pressés de monter dans les gradins du stade de la Maladière pour le match de foot contre Xamax, jouent avec les nerfs de la police. Saisissant contraste.
Sur le coup de 20 heures, le chaudron est en ébullition. Le public, essentiellement constitué de fillettes, se déhanche sur un rythme techno obsessionnel, tandis que les clips d’Emma Daumas et de Jérémy Chatelain, deux anciens de la Star Ac, sont diffusés, business oblige, sur les écrans géants disposés de chaque côté de la scène. Enfin, la salle s’obscurcit. Le plafond scintille comme une nuit étoilée quand résonnent les premières notes de S’il suffisait qu’on s’aime. Elodie, divinement mise en valeur par la chorégraphie de Kamel Ouali, semble monter au ciel, telle une vestale. La troupe enchaîne avec La bamba: c’est du délire!
Grippée, Elodie a assuré. Le lendemain, elle s’étonne que le public n’ait rien remarqué. «A Saint-Etienne, ma voix s’est brisée quand j’ai fini de chanter De l’eau. On aurait dit un travelo!» plaisante-t-elle. Un petit baiser à Edouard, son amoureux, en coulisses, et elle accepte de se confier, sincèrement, sans se la jouer.
Après votre victoire à la Star Academy, vous avez offert la moitié de votre prix, soit 500 000 euros, à Michal, l’autre finaliste. Un geste un peu fou, non?Non, un geste qui me ressemble.
Cela signifie-t-il que vous avez un rapport très détaché à l’argent?Ouais, l’argent me fait plutôt peur. Je ne cours pas après. Quand j’étais plus jeune, je n’avais pas d’argent de poche, mais je jouais les fourmis pour faire des cadeaux à mes proches. J’ai toujours adoré ça. Je pensais rarement à moi. Ça a un peu changé avec la Star Ac. Aujourd’hui, très franchement, je suis plutôt cigale. Je me fais plaisir.
Vous avez gâté vos parents ou vos frères et sœurs?Non, parce que je ne les ai pas encore vraiment revus… Depuis ma sortie du château, on a passé que cinq jours ensemble, à Noël! Je me suis rattrapée avec Edouard. Je lui ai acheté plein d’habits, des sous-vêtements, un appareil photo numérique.
De quel milieu social venez-vous?Mon père est attaché de direction dans une clinique privée et ma mère, qui était secrétaire trilingue, est aujourd’hui esthéticienne.
Que comptez-vous faire du demi-million d’euros que vous avez gagné?Je vais essayer de le gérer, avec mon père. Comme il s’occupe de l’économat dans une clinique, il maîtrise! Pour l’instant, je songe plutôt à investir dans l’immobilier. J’aimerais bien m’acheter un appartement à Paris.
Parmi vos idoles, vous citez souvent Lara Fabian, dont vous partagez la fragilité, la sincérité aussi…C’est vrai.
Lara avouait un jour que sa sincérité l’avait conduite à dire des choses qu’elle avait par la suite regrettées, et vous?Moi, c’est pareil. Je suis très impulsive et j’ai tendance à répliquer du tac au tac, au risque de blesser des gens. J’ai un caractère assez changeant. Je peux être très douce et exploser l’instant d’après. Quand j’étais petite, j’étais une enfant hypernerveuse et hyperviolente. Quand on m’énervait, je fracassais les portes. Je coupais aussi les cheveux de mes poupées: des trucs bizarres…
Edouard, votre petit ami, accompagne la Star Academy en qualité de musicien. Avez-vous insisté pour le garder à vos côtés?Oui, je l’ai dit, c’est clair, mais je ne pense pas qu’il fasse la tournée grâce à moi. Entre-temps, le groupe Premix s’est formé et la maison de disques a dû penser qu’il valait mieux pour tout le monde qu’Ed soit du voyage.
L’intérêt que la presse porte à votre histoire d’amour n’est-il pas usant à la longue?Il est vrai que faire des interviews juste pour parler de nous, c’est un peu lourd… On a aussi envie de parler de ce qu’on fait! Heureusement, depuis que mon album est sorti, j’ai davantage la paix.
C’est important à vos yeux de le savoir présent?Ah oui, c’est sûr! Au château, à force de passer du temps avec lui, je me suis un peu coupée des autres. Je crois que si je ne l’avais pas avec moi, je serais en déprime totale.
Est-il exact que vous partagez la même chambre en tournée?(Coquine.) Ouais, bien sûr! Ça fait faire des économies à la production!
Cette tournée de la Star Academy III, c’est un peu les colonies de vacances?Non, pas vraiment. Chacun sait qu’il joue gros. Moi, je n’ai pas trop envie de sortir. Je ne veux pas me bousiller la voix. Le spectacle comporte vingt-deux tableaux et je chante sur treize ou quatorze, donc je fais gaffe, je me repose. Hier soir, par exemple, certains sont allés boire un verre au bar de l’hôtel, pas moi. Je suis allée me coucher.
Vous étiez déjà venue en Suisse?Non, jamais. Mes parents ont toujours préféré la mer à la montagne pour les vacances!
On vous dit fragile et, en même temps, vous semblez assumer très bien votre sex-appeal…Je ne sais pas si j’ai du sex-appeal…
Reconnaissez que vous n’êtes pas le genre à vous couvrir des pieds à la tête!Non, c’est vrai. D’ailleurs, ça me pose des problèmes. Moi, j’adore m’habiller sexy, être féminine. Je n’aime pas me cacher. J’ai 22 ans et je ne vais pas attendre d’en avoir 40 pour mettre des décolletés! Je préfère en profiter maintenant, même si, des fois, mon mec doit se demander si je le fais pour lui ou pour les autres… En réalité, je le fais d’abord pour moi.
Votre premier CD a été bouclé en quinze jours. N’est-ce pas un peu court pour faire un bon disque?Quinze jours, c’est le temps qu’il a fallu pour enregistrer les voix. Moi, j’ai trouvé ça parfait: je pensais que je disposerais de beaucoup moins de temps encore. Ça m’a permis d’enregistrer une chanson par jour. J’admets volontiers qu’il y en a peut-être deux ou trois qui me plaisent moins, mais elles me touchent toutes.
Le gagnant de la Star Academy n’est-il pas condamné d’office à sortir un album ultraformaté?Non, je ne vois pas les choses ainsi. Du reste, plusieurs journalistes m’ont juré que mon CD n’était pas commercial et que les gens seraient sans doute très étonnés.
Vous avez réussi à placer trois de vos chansons, ce que ni Jenifer ni Nolwenn n’avaient obtenu. Un vrai motif de fierté?Oui, c’est super important pour moi. Quelque part, je me suis vengée de ceux qui prétendaient que je n’aurais pas mon mot à dire. Non seulement j’ai écrit trois chansons que la production a acceptées, mais j’ai également pu changer des phrases dans les autres textes.
La sortie de votre album s’accompagne cette année de celle des disques de Michal, de Premix, etc. Une concurrence qui corse l’affaire, non?C’est sûr. Ce que j’espère, moi, c’est que mon album va durer et que les gens l’apprécieront. Moi aussi d’ailleurs, j’espère que je vais durer .
Auriez-vous déjà peur d’être oubliée?Ah oui, parce que je trouve cela super dur de gagner la Star Ac! Je n’avais pas prévu ça, moi. La place de gagnante est vraiment la plus difficile.
L’industrie du disque est en crise, à tel point que les labels n’hésitent plus à se séparer de chanteurs confirmés, comme Alain Chamfort. Qu’est-ce que ça vous inspire?Je me sens parfois un peu coupable, parce que j’ai l’impression que c’est à cause de gens comme nous si on en est arrivé là, si ça s’effondre un peu. Maintenant, en réfléchissant un peu, je pense plutôt que les vraies raisons sont liées au piratage sur l’internet.
Vous avouez avoir suivi les deux premières saisons de Star Academy à la télé. Pensez-vous regarder la quatrième?Non, je ne crois pas, pas autant en tout cas. Ça me fera trop bizarre de voir d’autres gens dans mon lit!
Elodie Frégé et toute la troupe de la Star Academy III seront en concert le dimanche 9 mai à 20 h 30 à l’Arena, à Genève, puis le dimanche 27 juin au stade de Tourbillon, à Sion.
Ce message a été modifié par Miles Prower - samedi 10 juillet 2004 à 22:40.