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Livenet > Forum > Livres et Bds
Tuesday 24 July 2007 à 20:29
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Revenez, mon cher Vicomte, revenez : que faites-vous, que pouvez-vous faire chez une vieille tante dont tous les biens vous sont substitué ? Partez sur-le-champs ; j’ai besoin de vous. Il m’est venu une excellente idée, et je veux bien vous en confier l’exécution. Ce peu de mots devrait suffire ; et, trop honoré de mon choix, vous devriez venir, avec empressement, prendre mes ordres à genoux ; mais vous abusez de mes bontés, même depuis que vous n’en usez plus ; et dans l’alternative d’une haine éternelle ou d’une excessive indulgence, votre bonheur veut que ma bonté l’emporte. Je veux donc bien vous instruire de mes projets : mais jurez-moi qu’en fidèle Chevalier, vous ne courrez aucune aventure que vous n’ayez mis celle-ci à fin. Elle est digne d’un Héros : vous servirez l’amour et la vengeance ; ce sera enfin une rouerie de plus à mettre dans vos Mémoires : oui, dans vos Mémoires, car je veux qu’ils soient imprimés un jour, et je me charge de les écrire. Mais laissons cela, et revenons à ce qui m’occupe. Mme de Volanges marie sa fille : c’est encore un secret ; mais elle m’en a fait part hier. Et qui croyez-vous qu’elle ait choisi pour gendre ? Le Comte Gercourt. Qui m’aurait dit que je deviendrais la cousine de Gercourt ? J’en suis dans une fureur… Eh bien ! Vous ne devinez pas encore ? Oh ! L’esprit lourd ! Lui avez-vous donc pardonné l’aventure de l’Intendante ? Et moi, n’ais-je pas encore plus à me plaindre de lui, monstre que vous êtes ? Mais je m’apaise, et l’espoir de me venger rassérène mon âme.

les liaisons dangereuses
Choderlos de Laclos

Tuesday 24 July 2007 à 21:05
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Ce n'est pas une lecture d'aujourd'hui, mais ça m'était resté, grâce à cette exactitude dans la description du sentiment humain qui me frappe dans chaque page du volume...

"Tout d'un coup je m'arrêtais effrayé. Je comprenais que si je devais recevoir une lettre de Gilberte, ça ne pourrait pas en tout cas être celle-là puisque c'était moi qui venait de la composer.Et dès lors, je m'efforçais de détourner ma pensée des mots que j'aurais aimé qu'elle m'écrivît, par peur, en les énonçant, d'exclure justement ceux-là, -les plus chers, les plus désirés- du champ des réalisations possibles."
M.Proust, Du Côté de Chez Swann.
Tuesday 31 July 2007 à 17:11
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I know that to personalize the Earth System as Gaia, as I have often done and continue to do in this book, irritates the scientifically correct, but I am unrepentant because metaphors are more than ever needed for a widespread comprehension of the true nature of the Earth and an understanding of the lethal dangers that lie ahead.
After forty years living with the concept of Gaia I thought I knew her, but I realize now that I underestimated the severity of her discipline. I knew that our self-regulating Earth had evolved from those organisms that left a better environment for their progeny and by the elimination of those who fouled their habitat, but I never realized just how destructive we were, or that we had so grievously damaged the Earth that Gaia now threatens us with the ultimate punishment of extinction.


Je sais que personnaliser le Système Terre en tant que Gaia, comme je l'ai souvent fait et continue de le faire dans ce livre, perturbe le scientifiquement correct, mais je ne me repends pas parce que les métaphores sont plus que jamais nécessaires pour la large compréhension de la vraie nature de la Terre et des dangers à venir.
Après avoir vécu quarante ans avec le concept de Gaia, j'ai cru que je la connaissais, mais je réalise combien j'ai sous-estimé la sévérité de sa discipline. Je savais que notre Terre auto-régulatrice a évolué à partir d'organismes qui laissaient un meilleur environnement pour leur progéniture et par l'élimination de ceux qui spoliaient leur habitat, mais je n'avais jamais réalisé combien nous étions destructifs ou combien nous avions tellement endommagé la Terre que Gaia nous menace maintenant de l'ultime punition d'extinction.

James Lovelock, The Revenge of Gaia, 2006


Ce message a été modifié par Yorgat - Tuesday 31 July 2007 à 18:08.
Thursday 02 August 2007 à 13:00
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Six heures d'affilée, nous progressons sans une pause, face à des vents de nord-ouest de 7-8 mètres par seconde qui nous balaient des rafales de neige en plein visage. Pour celui qui ouvre la route, c'est un challenge physique doublé d'un effort de concentration permanent, qui épuise très vite. C'est pourquoi chacun marche une heure, une heure et demie en tête, avant de céder la place à l'autre.
Dans ces ténèbres gelées, chaque mètre gagné est un combat, rythmé par nos souffles rauques, le craquement des glaces, le hurlement du vent et le gémissement des blocs monstrueux dont les masses se pressent et se frottent dans cette espèce de "jurassic roc".
Il n'y a jamais de sécurité, même relative. Chaque pas sur ce "terrain", qui n'est qu'un amalgame de glaçons flottant dans un immense verre, implique un danger potentiel, d'autant plus effrayant que nous avons raté la dernière lune et qu'il n'y a pas même une étoile dans le ciel pour produire la plus infime luminescence. Il fait plus noir que noir.
On se retrouve coincés surune plaque gelée entourée d'eau ... Un peu plus tard, la glace glisse sous mes pieds et m'entraîne vers l'arrière ; Borge devant moi, sur une surface plus stable, attrape une corde dans un traîneau et me la lance, m'aidant à me hisser dans le "Zodiac" et à le rejoindre ...
On avance - ou plutôt, on essaie - dans une bouillasse neigeuse, une purée de glace plus liquide que solide, une soupe dans laquelle il faut ramper (après avoir ôté ses skis), comme sur des sables mouvants, pour ne pas s'enfoncer et ne jamais remonter. Seule une longue corde bleue, dont l'extrémité disparait dans la nuit, nous relie alors à ces chargements invisibles dont le contenu nous garde en vie. C'est cette vie - notre vie - qu'on récupère ensuite, en tirant précautionneusement sur le fil ...

Mike Horn, Objectif Pôle Nord de nuit, 2007
Thursday 02 August 2007 à 15:55
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"Et alors qu'il marchait vers sa chambre".

La flemme... dry.gif
Thursday 02 August 2007 à 16:13
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T'ain, c'était bien parti pourtant.
Thursday 02 August 2007 à 17:18
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Bon ok ... sleep.gif

"Et alors qu'il marchait vers la chambre,
[...]
L'idée le fit rire.


Extrait de : "Les mémoires de Marc Dutroux"

purplebiggrin.gif


Ce message a été modifié par modo - Friday 03 August 2007 à 09:16.
Thursday 02 August 2007 à 17:28
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?


Ce message a été modifié par modo - Friday 03 August 2007 à 09:17.
Thursday 02 August 2007 à 17:29
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Bonne idée!
Moi je ne proposerai que deux phrases:
"Les gens ont peur de se retrouver."
"On peut disparaître ici sans même s'en appercevoir."
[Bret Easton Ellis - Moins que zero]
Thursday 02 August 2007 à 17:30
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sandie72
Tuesday 24 July 2007 à 20:29
?




plait-il ?
Friday 03 August 2007 à 21:44
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qui est l'enculé qui a supprimé mon texte genial sans préavis ?
Friday 03 August 2007 à 21:49
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Qui s'est permit de décider que ce texte n'avait pas sa place ici ?
Sunday 05 August 2007 à 15:43
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Dieu.
Sunday 05 August 2007 à 16:13
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Le batard!
Saturday 18 August 2007 à 07:37
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Je forme une entreprise qui n'eut jamais d'exemple, et dont l'exécution n'aura point d'imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature; et cet homme, ce sera moi.

Moi seul. Je sens mon cœur, et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j'ai vus; j'ose croire n'être fait comme aucun de ceux qui existent. Si je ne vaux pas mieux, au moins je suis autre. Si la nature a bien ou mal fait de briser le moule dans lequel elle m'a jeté, c'est ce dont on ne peut juger qu'après m'avoir lu.

Que la trompette du jugement dernier sonne quand elle voudra, je viendrai, ce livre à la main, me présenter devant le souverain juge. Je dirai hautement: Voilà ce que j'ai fait, ce que j'ai pensé, ce que je fus. J'ai dit le bien et le mal avec la même franchise. Je n'ai rien tu de mauvais, rien ajouté de bon; et s'il m'est arrivé d'employer quelque ornement indifférent, ce n'a jamais été que pour remplir un vide occasionné par mon défaut de mémoire. J'ai pu supposer vrai ce que je savais avoir pu l'être, jamais ce que je savais être faux. Je me suis montré tel que je fus: méprisable et vil quand je l'ai été; bon, généreux, sublime, quand je l'ai été: j'ai dévoilé mon intérieur tel que tu l'as vu toi-même. Être éternel, rassemble autour de moi l'innombrable foule de mes semblables; qu'ils écoutent mes confessions, qu'ils gémissent de mes indignités, qu'ils rougissent de mes misères. Que chacun d'eux découvre à son tour son cœur au pied de ton trône avec la même sincérité, et puis qu'un seul te dise, s'il l'ose: je fus meilleur que cet homme-là.

Jean Jacques Rousseau
les confessions
Saturday 18 August 2007 à 17:20
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L'aspect des objets extérieurs est un mystérieux conducteur, qui correspond aux fibres de la mémoire et va les réveiller quelquefois malgré nous; une fois ce fil éveillé, comme celui d'Ariane, il conduit dans un labyrinthe de pensées où l'on s'égare en suivant cette ombre du passé qu'on appelle le souvenir.


Vingt ans après, Dumas
Saturday 18 August 2007 à 20:00
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«Décrire les passions n'est rien ; il suffit de naître un peu chacal, un peu vautour, un peu panthère.»
[ Lautréamont ]
Saturday 18 August 2007 à 20:29
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"Les vibrations de la pensée se propagent dans l'éther, ce fluide subtil,
expansif, idéal, qui remplit les espaces et qui est le milieu, le médium
transporteur de toutes les vibrations : de la chaleur, de la lumière, comme
de la pensée.

Quand je pense fortement avec mon cerveau physique, à une
forme concrète et simple, je reproduis cette forme dans la matière
éthérique et j'émets autour de moi des ondes éthériques. Quand les ondes
mentales frappent un autre cerveau, elles tendent à reproduire en lui la
même image. Ce n'est pas l'image qui est projetée, mais une série de
vibrations qui reproduiront l'image. Cela ressemble au téléphone dans
lequel ce n'est pas la voix elle−même qui est transmise, mais un certain
nombre de vibrations électriques produites par la voix, et qui sont
transformées en son dans le récepteur. Si l'on coupe le fil et qu'on écoute
sans récepteur, on n'entend rien. Chaque espèce de pensée a un mode
vibratoire propre, comme chaque son.

C'est ainsi que les vibrations de la
pensée, projetées avec intensité, se propagent au loin et peuvent influencer
des organismes en affinité avec le nôtre. Des images, des messages flottent
dans l'atmosphère, impressionnent les cerveaux ayant un rythme vibratoire
semblable dans leurs pensées.
____


De là, beaucoup d'idées, d'inspirations qui
nous viennent, que, dans notre orgueil, nous nous attribuons, dont nous
voulons nous croire les créateurs, les propriétaires, alors que nous les
avons prises au vol, dans l'océan infini des connaissances, où règne le plus
parfait communisme, tout le monde y puisant gratuitement."


De la télépathie, Hureau




Sunday 19 August 2007 à 15:34
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"je le devine par analogie, quoique
j'ignore ce que c'est que l'amitié, que l'amour (il est probable
que je ne les accepterai jamais; du moins, de la part de la race
humaine). Donc, puisque ton sang et tes larmes ne te dégoûtent
pas, nourris-toi, nourris-toi avec confiance des larmes et du
sang de l'adolescent. Bande-lui les yeux, pendant que tu
déchireras ses chairs palpitantes; et, après avoir entendu de
longues heures ses cris sublimes, semblables aux râles perçants
que poussent dans une bataille les gosiers des blessés
agonisants, alors, t'ayant écarté comme une avalanche, tu te
précipiteras de la chambre voisine, et tu feras semblant
d'arriver à son secours. Tu lui délieras les mains, aux nerfs et
aux veines gonflées, tu rendras la vue à ses yeux égarés, en te
remettant à lécher ses larmes et son sang. Comme alors le
repentir est vrai ! L'étincelle divine qui est en nous, et
paraît si rarement, se montre; trop tard ! Comme le coeur
déborde de pouvoir consoler l'innocent à qui l'on a fait du mal:
« Adolescent, qui venez de souffrir des douleurs cruelles, qui
donc a pu commettre sur vous un crime que je ne sais de quel nom
qualifier! Malheureux que vous êtes! Comme vous devez souffrir!
Et si votre mère savait cela, elle ne serait pas plus près de la
mort, si abhorrée par les coupables, que je ne le suis
maintenant. Hélas! qu'est-ce donc que le bien et le mal! Est-ce
une même chose par laquelle nous témoignons avec rage notre
impuissance, et la passion d'atteindre à l'infini par les moyens
même les plus insensés? Ou bien, sont-ce deux choses
différentes? Oui... que ce soit plutôt une même chose... car,
sinon, que deviendrai-je au jour du jugement! Adolescent,
pardonne-moi; c'est celui qui est devant ta figure noble et
sacrée, qui a brise tes os et déchiré les chairs qui pendent à
différents endroits de ton corps. Est-ce un délire de ma raison
malade, est-ce un instinct secret qui ne dépend pas de mes
raisonnements, pareil à celui de l'aigle déchirant sa proie, qui
m'a pousse à commettre ce crime; et pourtant, autant que ma
victime, je souffrais! Adolescent, pardonne-moi. Une fois sortis
de cette vie passagère, je veux que nous soyons entrelacés
pendant l'éternité; ne former qu'un seul être, ma bouche collée
à ta bouche. Même, de cette manière, ma punition ne sera pas
complète. Alors, tu me déchireras, sans jamais t'arrêter, avec
les dents et les ongles à la fois. Je parerai mon corps de
guirlandes embaumées, pour cet holocauste expiatoire; et nous
souffrirons tous les deux, moi, d'être déchiré, toi, de me
déchirer... ma bouche collée à ta bouche. O adolescent, aux
cheveux blonds, aux yeux si doux, feras-tu maintenant ce que je
te conseille? Malgré toi, je veux que tu le fasses, et tu
rendras heureuse ma conscience. »"

[i]Les Chants de Maldoror [/i]


Puissant, parfait, immonde, superbe, profond, tsss, y a même plus de mots à ce stade...
Sunday 19 August 2007 à 17:50
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CITATION(connasse @ dimanche 19 août 2007 à 15:34) *
"je le devine par analogie, quoique
j'ignore ce que c'est que l'amitié, que l'amour (il est probable
que je ne les accepterai jamais; du moins, de la part de la race
humaine). Donc, puisque ton sang et tes larmes ne te dégoûtent
pas, nourris-toi, nourris-toi avec confiance des larmes et du
sang de l'adolescent.
[...] »"

[i]Les Chants de Maldoror [/i]
Puissant, parfait, immonde, superbe, profond, tsss, y a même plus de mots à ce stade...


Eh bé ! C'est impressionnant !

Pour souffler un peu après pareille lecture, je propose une respiration champêtre...

-------------------------------
Mon oncle a une vache dans son écurie ; c'est moi qui coupe son herbe à coups de faux. Comme elle siffle dans le gras du pré, cette faux, quand j'en ai aiguisé le fil contre la pierre bleue trempée dans l'eau fraîche !
Quelquefois, je sabre un nid ou un noeud de couleuvres.
Je porte moi-même le fourrage à la bête, et elle me salue de la tête quand elle entend mon pas. C'est moi qui vais la conduire dans le pâturage et qui la ramène le soir. Les bonnes gens du pays me parlent comme à un personnage, et les petits bergers m'aiment comme un camarade.
Je suis heureux !
Si je restais, si je me faisais paysan ?
J'en parle à mon oncle, un soir qu'il avait fait servir le dîner sous le manteau de la cheminée, et qu'il avait bu de son vin pelure d'oignon.
"Plus tard, quand je serais mort. Tu pourras acheter un domaine, mais tu ne voudrais pas être valet de ferme ?"
Je n'en sais trop rien.
Quand il pleut et qu'il n'y a pas moyen de pêcher ni d'aller chercher des groseilles sauvages là-bas, au pied de la montagne, entre les pierres galeuses, - ou bien quand le soleil brûle comme une plaque de tôle bleuie au feu et grille le pays sans ombre, - ces jours-là, je m'enferme dans la bibliothèque de mon oncle et je lis, je lis. Il y a la biographie des hommes illustres de l'abbé de Felletz. Je cours aux passages qui parlent de Napoléon, et je fais tout éveillé des rêves pleins de Sainte-Hélène. Je regarde par la fenêtre la campagne déserte, l'horizon vide, et je cherche Hudson Lowe. Si je le tenais !

Jules Vallès
"L'Enfant"
-------------------------------

Ce message a été modifié par marc1756 - Sunday 19 August 2007 à 17:52.

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