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Livenet > Forum > Livres et Bds
Friday 09 February 2007 à 20:47
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" l'absence n'est elle pas, pour qui aime, la plus, certaine, la plus efficace, la plus indestructible, la plus fidele des presences?" marcel proust

Thursday 15 February 2007 à 18:35
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On pourrait faire un portrait de Bertrand Cantat en prince de Danemark (Hamlet); en amoureux (Roméo); en jaloux (Othello); en chaman (Orphée).

Nobles, voire incorruptibles (Hamlet), tous connaissent le mal, le malheur, la maladie, la mort.Ils auront tous aimé. Différents, ils sont adorés, haïs, trahis, jugés en conséquence. Ils seront tous condamnés. Doit-on en déduire qu’il ne faudrait jamais sortir du lot, du rôle imparti? Ils le font tous, s’exposent, s’écorchent aux limites, s’y blessent, s’y brûlent, c’est là où on les gaule, rien qu’une banalité universelle là-dedans. Tous condamnés, et Bertrand Cantat qui avait le don en partage, qui était dans l’imprudence absolue de l’amour..."


Muriel Cerf ,Bertrand Cantat ou le chant des automates


un extrait d une de mes dernieres lectures!
Monday 26 February 2007 à 00:43
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Lucas undressed and got into the bed on Simon's side. Simon's pillow still smelled of Simon. Lucas inhaled. Here were Simon's humors : oil and sweat. Here was his undercurrent tallow and his other smell, which Lucas could only think at Simon, a smell that ressembled bread but was not that, was merely the smell of Simon's body as it moved and breathed.

[...]

Lucas put the book back under the mattress. He extinguished the lamp. Across the air shaft, he could see the light of Emily's curtain. He buried his face in Simon's pillow. Simon was with them still. His pillow still smelled of him.
Lucas whispered into the pillow, "you should go away now. I really think it's time."


Lucas se déshabilla et entra dans le lit du côté de Simon. L'oreiller de Simon sentait toujours l'odeur de Simon. Lucas respira. Ici étaient les humeurs de Simon : huile et sueur. Ici était l'odeur sous-jacente de suif et une autre odeur. Lucas ne pouvait que la penser comme étant celle de Simon, une odeur qui ressemblait à du pain mais n'en était pas, c'était simplement l'odeur du corps de Simon quand il bougeait et respirait.

[...]

Lucas reposa le livre sous le matelas. Il éteignit la lampe. a travers l'aération, il pouvait voir la lumière des rideaux d'Emilly. Il enfonça son visage dans l'oreiller de Simon. Simon était toujours avec eux. son oreiller sentait toujours son odeur. Lucas murmura dans l'oreiller : "tu devrais partir maintenant. Je crois vraiment qu'il est temps"

Specimen days

Michael Cunningham

Simon était le frère ainé de Lucas. Il vient tout juste de mourir dans un accident de travail, happé par une machine. Au XIXè siècle, il était encore courant que deux frères partagent le même lit. La traduction est personnelle.
Monday 26 February 2007 à 12:27
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QUOTE (Shadow 1,618 @ 09 Feb 2007 à 00:16)
"Le jour du suicide de mon fils, je me suis fait des oeufs à la tomate. (...) Je n'avais jamais aimé cet enfant : il était aussi bête que sa mère, et aussi méchant que son père. Sa disparition était loin d'être une catastrophe ; des êtres humaines de ce genre, on peut s'en passer."

"Elle me regardait droit dans les yeux, et j'étais dans un tel état que ces seules paroles suffirent à me faire bander. Je crois qu'elle fut émue par cette érection si sentimentale, si humaine ; elle se rallongea près de moi, posa sa tête au creux de mon épaule et entreprit de me branler. Elle prit son temps, serrant mes couilles dans le creux de ma paume, variant l'amplitude et la vigueur des mouvements de ses doigts. (...) La journée s'installait, la rumeur de la circulation devenait perceptible ; le sperme jaillit sur ses seins. Je la pris dans mes bras."

Michel Houellebecq, Le Possibilité d'une île

Merci à toi DD de m'avoir conseillé ce bouquin, même si je suis pas très content que tu ais lu de tels propos dans tes yeux innocents <<

La première phrase est un ersatz du célébre "Aujourd’hui, maman est morte." de L'Etranger d'Albert Camus. Houellebecq part toujours dans des provoc' à la con, cherche sans fin la phrase sordide qui arrivera à choquer le bourgeois, ou "'l'intellectuel" comme dirait Warhol, mais ca reste du pipi chien. Ca fait un siècle qu'on sait que la vie est absurde, ca fait un siècle que des personnes ont trouvés une issue et ca fait 10 ans que l'intelligencia nous bombarde du Houellebecq sans se rendre compte qu'il s'agit d'un imposteur.

Pour ce qui est des passages de cul, parce qu'à défaut d'être un vrai penseur Houellebecq aurait très bien pu se débrouiller dans le roman porno, autant lire des bouquins spécialisés, ca sera plus bandant et vous serez pas obligé de supporter les marmonnement d'un vieux pervers frustré qui se prend pour le nouveau messie. Pis y'a Bret Easton Ellis et Bukowski pour ça. Eux, au moins, ils sont drole.
Monday 26 February 2007 à 12:38
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c'est bien t'as recité le cours de ton prof wink.gif
Monday 26 February 2007 à 12:48
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C'est bien t'argumentes comme un pro wink.gif
Monday 26 February 2007 à 12:54
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au moins, ça vient de moi ...
Monday 26 February 2007 à 13:01
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J'en doute pas une seule seconde ! Ca serait encore plus pathétique si t'avais besoin de quelqu'un pour être aussi con.
Monday 26 February 2007 à 13:16
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c'est toi qui parle... bon allez, va jouer sur l'autoroute ou oublie mois pendant quelques années s'il te plait wink.gif
Tuesday 27 February 2007 à 16:14
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Un quart d'heure de survie en moyenne sur la bande d'arrêt d'urgence, alors, en plein milieu he.gif


Y'a pas plus rapide pour avoir son quart d'heure de célébrité ! bluebiggrin.gif
Friday 02 March 2007 à 13:36
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"-Ça ira comme ça, dit l'homme, et le mètre ruban tomba en un petit tas sur le sol. Essayez donc celle-ci, Mr Potter. Elle est en bois de hêtre et contient du ventricule de dragon, 22,5 centimètres. Très flexible, agréable a tenir en main. Prenez-la et agitez-la un peu.
Harry prit la baguette et la fit tournoyer légèrement en se sentant parfaitement idiot. Mais Mr Ollivander la lui arracha presque aussitôt des mains et lui en fit essayer une autre.
-Bois d'érable et plume de phénix,17,5 centimètres, très flexible. Essayez...
Harry l'essaya mais a peine avait-il levé la baguette que Mr Ollivander la lui arrache également des mains.
-Non, plutôt celle-ci, bois d'ébène et crin de licorne, 21,25 centimètres, très souple. Allez-y, essayez.
Harry l'essaya puis une autre encore. Il ne comprenait pas ce que voulait Mr Ollivander.
Bientôt, il y eut un monceau de baguettes magiques posées sur la chaise en bois mince, mais aucune ne convenait.
- Un client difficile, commenta Mr Ollivander, d'un air satisfait. Mais nous finirons bien par trouver celle qui vous convient. Voyons celle ci. Une combinaison originale : bois de houx et plume de phénix, 27,5 centimètres. Facile a manier, très souple."

Voila un extrait de ma lecture erotique... Harry Potter à l'école des sorciers.
c'est l'histoire d'un jeune garçon naif a qui l'ont fait faire pleins de choses dégoutantes pour son age en lui faisant croire qu'il est magicien et que tout ça c'est de la magie...
Comme par exemple dans ce passage la > assouvir les fantasmes sexuels d'un vieux marchand pervers pour qui baguette magique = bite, il en fait essayer de toutes les tailles et de toutes les formes a Harry, notre jeune héros, qui ne comprends pas bien ce qui lui arrive (Harry a des pouvois, il ne ressent pas la douleur que procure une baguette magique de 27,5 centimètres). Ou encore, exciter tout une bande de vieux charlatans obsédés en calant des balais dans le cul des élèves et en leur faisant croire qu'ils volent, l'expression s'envoyer en l'air prend alors tout son sens.
Bref je recommande ce bouquin wub.gif
Friday 02 March 2007 à 22:03
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Tu n'aurai pas dû regarder toutes ces photos de Daniel Machin, j'ai l'impression que ça te tourmente l'esprit sad.gif
Saturday 03 March 2007 à 00:35
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QUOTE (Donnie Darko @ 02 Mar 2007 à 12:36)
"-Ça ira comme ça, dit l'homme, et le mètre ruban tomba en un petit tas sur le sol. Essayez donc celle-ci, Mr Potter. Elle est en bois de hêtre et contient du ventricule de dragon, 22,5 centimètres. Très flexible, agréable a tenir en main. Prenez-la et agitez-la un peu.
Harry prit la baguette et la fit tournoyer légèrement en se sentant parfaitement idiot. Mais Mr Ollivander la lui arracha presque aussitôt des mains et lui en fit essayer une autre.
-Bois d'érable et plume de phénix,17,5 centimètres, très flexible. Essayez...
Harry l'essaya mais a peine avait-il levé la baguette que Mr Ollivander la lui arrache également des mains.
-Non, plutôt celle-ci, bois d'ébène et crin de licorne, 21,25 centimètres, très souple. Allez-y, essayez.
Harry l'essaya puis une autre encore. Il ne comprenait pas ce que voulait Mr Ollivander.
Bientôt, il y eut un monceau de baguettes magiques posées sur la chaise en bois mince, mais aucune ne convenait.
- Un client difficile, commenta Mr Ollivander, d'un air satisfait. Mais nous finirons bien par trouver celle qui vous convient. Voyons celle ci. Une combinaison originale : bois de houx et plume de phénix, 27,5 centimètres. Facile a manier, très souple."

Voila un extrait de ma lecture erotique... Harry Potter à l'école des sorciers.
c'est l'histoire d'un jeune garçon naif a qui l'ont fait faire pleins de choses dégoutantes pour son age en lui faisant croire qu'il est magicien et que tout ça c'est de la magie...
Comme par exemple dans ce passage la > assouvir les fantasmes sexuels d'un vieux marchand pervers pour qui baguette magique = bite, il en fait essayer de toutes les tailles et de toutes les formes a Harry, notre jeune héros, qui ne comprends pas bien ce qui lui arrive (Harry a des pouvois, il ne ressent pas la douleur que procure une baguette magique de 27,5 centimètres). Ou encore, exciter tout une bande de vieux charlatans obsédés en calant des balais dans le cul des élèves et en leur faisant croire qu'ils volent, l'expression s'envoyer en l'air prend alors tout son sens.
Bref je recommande ce bouquin wub.gif

Tu serais pas un peu en manque DD ? bluebiggrin.gif

En même temps, tu me donne envie de lire la version anglaise, avec les pouces, parce que les quarts de centimètre, c'est vraiment pinailler !
Saturday 03 March 2007 à 20:49
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mééé c'est même pas vrai... j'invente rien, c'est écrit noir sur blanc sad.gif
Sunday 04 March 2007 à 04:49
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You know what's funny?
Seems every time I try to forget about you,
my feelings pull you back in.
its crazy,
'Cause I got somebody else, and
you got somebody else.
But you and I both know,
what it really is...
But still,
you know what I'm saying, B?

Ran across a picture you took of me,
and you crossed my mind.
I still hear you sayin you love me when I close my eyes
If I didn't go away to school,
then where would we be?
Probably still together and somewhere happy.
If I'm supposed to be moved on in a new relationship strong,
then why are you still hauntin' me?
They say..
If you love something, let it go,
and if it comes back then that's how you know.[...]
Sunday 04 March 2007 à 11:53
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c'est quoi ? de qui ?
Monday 26 March 2007 à 22:40
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Un extrait connu de Céline mais qui mérite d'être une nouvelle fois cité :

Oh ! Vous êtes donc tout à fait lâche, Ferdinand ! Vous êtes répugnant comme un rat…

- Oui, tout à fait lâche, Lola, je refuse la guerre et tout ce qu’il y a dedans… Je ne la déplore pas moi… Je ne me résigne pas moi… Je ne pleurniche pas dessus moi… Je la refuse tout net, avec tous les hommes qu’elle contient, je ne veux rien avoir à faire avec eux, avec elle. Seraient-ils neuf cent quatre-vingt-quinze millions et moi tout seul, c’est eux qui ont tort, Lola, et c’est moi qui ai raison, parce que je suis le seul à savoir ce que je veux : je ne veux plus mourir.

- Mais c’est impossible de refuser la guerre, Ferdinand ! Il n’y a que les fous et les lâches qui refusent la guerre quand leur Patrie est en danger...

- Alors vivent les fous et les lâches ! Ou plutôt survivent les fous et les lâches ! Vous souvenez-vous d’un seul nom par exemple, Lola, d’un de ces soldats tués pendant la guerre de Cent ans ? ... Avez-vous jamais cherché à en connaître un seul de ces noms ? ... Non, n’est-ce pas ? ... Vous n’avez jamais cherché ? Ils vous sont aussi anonymes, indifférents et plus inconnus que le dernier atome de ce presse-papiers devant nous, que votre crotte du matin ... Voyez donc bien qu’ils sont morts pour rien, Lola ! Pour absolument ruien du tout, ces crétins ! Je vous l’affirme ! La preuve est faite ! Il n’y a que la vie qui compte. Dans dix mille ans d’ici, je vous fais le pari que cette guerre, si remarquable qu’elle nous paraisse à présent, sera complètement oubliée... A peine si une douzaine d’érudits se chamailleront encore par-ci, par-là, à son occasion et à propos des dates des principales hécatombes dont elle fut illustrée... C’est tout ce que les hommes ont réussi jusqu’ici à trouver de mémorable au sujet les uns des autres à quelques siècles, à quelques années et même à quelques heures de distance... Je ne crois pas à l’avenir, Lola...
Friday 27 April 2007 à 10:34
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Au loin s'étendaient les routes toutes blanches de lune. La bande insurrectionnelle, dans la campagne froide et claire, reprit sa marche héroïque. C'était comme un large courant d'enthousiasme. Le souffle d'épopée qui emportait Miette et Silvère, ces grands enfants avides d'amour et de liberté, traversait avec une générosité sainte les honteuses comédies des Macquart et des Rougon. La voix haute du peuple, par intervalles, grondait, entre les bavardages du salon jaune et les diatribes de l'oncle Antoine. Et la farce vulgaire, la farce ignoble, tournait au grand drame de l'histoire.

Au sortir de Plassans, les insurgés avaient pris la route d'Orchères. Ils devaient arriver à cette ville vers dix heures du matin. La route remonte le cours de la Viorne, en suivant à mi-côte les détours des collines aux pieds desquelles coule le torrent. A gauche, la plaine s'élargit, immense tapis vert, piqué de loin en loin par les taches grises des villages. A droite, la chaîne des Garrigues dresse ses pics désolés, ses champs de pierres, ses blocs couleur de rouille, comme roussis par le soleil. Le grand chemin, formant chaussée du côté de la rivière, passe au milieu de rocs énormes, entre lesquels se montrent, à chaque pas, des bouts de la vallée.

Zola la fortune des Rougon
Friday 27 April 2007 à 10:34
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Que j'aime quand les gens remontent mes topics blush.gif
Friday 27 April 2007 à 10:35
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Il était impossible que ma santé résistât à de si longues et de si dures épreuves ; je tombai malade. Ce fut dans cette circonstance que la sœur Ursule montra bien toute l’amitié qu’elle avait pour moi ; je lui dois la vie. Ce n’était pas un bien qu’elle me conservait, elle me le disait quelquefois elle-même : cependant il n’y avait sorte de services qu’elle ne me rendît les jours qu’elle était d’infirmerie ; les autres jours je n’étais pas négligée, grâce à l’intérêt qu’elle prenait à moi, et aux petites récompenses qu’elle distribuait à celles qui me veillaient, selon que j’en avais été plus ou moins satisfaite. Elle avait demandé à me garder la nuit, et la supérieure le lui avait refusé, sous prétexte qu’elle était trop délicate pour suffire à cette fatigue : ce fut un véritable chagrin pour elle. Tous ses soins n’empêchèrent point les progrès du mal ; je fus réduite à toute extrémité ; je reçus les derniers sacrements. Quelques moments auparavant je demandai à voir la communauté assemblée, ce qui me fut accordé. Les religieuses entourèrent mon lit, la supérieure était au milieu d’elles ; ma jeune amie occupait mon chevet, et me tenait une main qu’elle arrosait de ses larmes. On présuma que j’avais quelque chose à dire, on me souleva, et l’on me soutint sur mon séant à l’aide de deux oreillers. Alors, m’adressant à la supérieure, je la priai de m’accorder sa bénédiction et l’oubli des fautes que j’avais commises ; je demandai pardon à toutes mes compagnes du scandale que je leur avais donné. J’avais fait apporter à côté de moi une infinité de bagatelles, ou qui paraient ma cellule, ou qui étaient à mon usage particulier, et je priai la supérieure de me permettre d’en disposer ; elle y consentit, et je les donnai à celles qui lui avaient servi de satellites lorsqu’on m’avait jetée dans le cachot. Je fis approcher la religieuse qui m’avait conduite par la corde le jour de mon amende honorable, et je lui dis en l’embrassant et en lui présentant mon rosaire et mon christ : « Chère sœur, souvenez-vous de moi dans vos prières, et soyez sûre que je ne vous oublierai pas devant Dieu… »


Diderot la religieuse

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